Réparable ?

Voici une traduction et libre adaptation du texte suivant : https://de.ifixit.com/News/35879/repairability-standard-en45554

À l’ARRU, on sait ce que ça veut dire « réparable ». Maintenant, il y a un standard pour le définir.

Le mois dernier, trois années de négociation avec les industriels ont fini par payer. Un nouveau standard européen pour mesurer la réparabilité des objets vient d’être publié (EN45554). C’est une étape importante pour le combat du droit à la réparation.

On veut réparer nos objets pour pouvoir les utiliser plus longtemps. C’est important pour notre porte-monnaie, mais aussi pour la planète. Produire de nouveaux objets est un facteur sous-estimé du changement climatique. Alors si on veut éviter de griller la planète, il faut jeter un peu moins et réparer un peu plus.

Le problème, c’est que les industriels ne vont pas changer d’eux-mêmes. Ils sont plus intéressés par la croissance de leurs ventes, que par l’allongement de la durée de vie des produits. Nous avons donc besoin d’un levier politique pour bannir les objets irréparables et aider les consommateurs à identifier les produits les plus durables.

Or, nos leaders politiques ne savent pas ce qu’est un produit réparable. Si vous demandez aux fabricants, ils vous diront tous que leurs produits sont réparables. Si vous demandez aux bénévoles de l’ARRU, ils vous diront que certains objets sont plus réparables que d’autres, et que certains ne sont pas réparables du tout.

Donc pour réguler la réparabilité, il nous faut une façon de la mesurer qui soit universellement acceptée. C’est ce que le groupe de travail CEN-CENELEC a tenté de faire pendant ces trois dernières années. En novembre 2019, le texte a finalement été approuvé et nous avons maintenant un standard officiel pour définir ce que veut dire le mot « réparable ».

C’est maintenant officiel, par exemple, que les taquets en plastique qui cassent, quand on essaye d’ouvrir un produit, le rende irréparable. Ou alors qu’utiliser un type de vis exotique dans un produit est une entrave à sa réparation. Si un fabricant ne partage ses manuels et ses notices de montage qu’avec son réseau de réparateur autorisé, ou s’il ne fournit pas de pièces détachées à qui le demande, alors ses produits ne pourront pas être qualifiés de réparables.

De prochaines discussions devront déterminer comment ces règles générales s’appliqueront à des types de produits spécifiques et comment les différents critères vont être pondérés pour chaque produit.

La France va introduire un label obligatoire de réparabilité l’année prochaine. Avec la campagne Européenne pour le droit à la réparation, on espère que chaque produit vendu en Europe portera un label similaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *